Qu'est ce qui n'arrivera pas en 2010 ?

C'est un document assez étonnant. Ecrit par les analystes d'ABI Research, ce livre blanc présente les innovations technologiques qui ne décolleront pas en 2010. Inventaire.
L'année
prochaine, les chaînes de télévision traditionnelles devraient
tirer leur épingle du jeu et nos téléphones mobiles toujours
utiliser le GSM... Le livre blanc du cabinet américain
ABI
Research
s'appuie sur l'expertise d'une quinzaine de consultants. Ni
horoscope high tech ni essais de science fiction, ce document recense
une vingtaine d'innovations technologiques qui ne connaîtront pas le
succès escompté en 2010. Faux iPhone, livres électroniques ou
encore réseaux sociaux, issus de laboratoires de recherche ou
d'entreprises industrielles de pointe, ces produits innovants ont
pourtant fait beaucoup parler d'eux en 2009. Mais ils ne
rencontreront toujours pas leur marché en 2010 selon les analystes
du cabinet d'études. Voici pourquoi.
Pas
assez de clients. Premier de ce non palmarès, le livre
électronique n'atteindra pas son marché. Et ce « malgré
les proclamations des vendeurs pour qui le lecteur de livre
électronique (eReader) serait le cadeau technologique en vogue de
fin 2009 ». La raison ? Le produit n'a pas encore établi
sa valeur de proposition pour le marché de masse. Deuxième au
classement, « l'iPhone killer » ne verra pas, lui non
plus, le jour. L'idée ? Tous les fabricants de téléphone qui
veulent imiter Apple n'y parviendront pas car, trop nombreux, ils se
concurrencent surtout entre eux. Quasiment tous les smartphones
disposent à présent d'un écran tactile rectangulaire aux coins
arrondis. Tandis que pendant ce temps, Apple fait évoluer son
iPhone.
Trop
compliqué à utiliser. Puis viennent différents produits et
applications liés au sacrosaint m-commerce (commerce électronique
via le téléphone mobile) qui, nous dit-on, devrait nous faire
changer de monde. Parmi eux, les cartes modems large bande (PC-MCIA)
sont d'ores et déjà supplantées par les modems USB, le micro
paiement de personne à personne via le téléphone mobile
n'intéresserait quant à lui qu'une très faible portion de la
population. Il ne trouvera donc pas de véritable marché l'année
prochaine, au mieux quelques niches.
Sur
ce thème de la complexité d'usage, une autre croyance est battue en
brèche : la télévision sur internet (web TV) ne devrait pas créer
beaucoup de dommages aux chaînes de télévision payante. L'argument
? Quand on cherche du contenu, il est très difficile de s'y
retrouver sur internet, alors que les grilles de programmes des
chaînes traditionnelles font partie aujourd'hui des habitudes du
plus grand nombre d'entre nous. De la même façon, la vidéo en
ligne payante (pay-per-play) n'est pas dans nos habitudes de
consommation, le téléspectateur n'est donc pas prêt à payer pour
regarder une série.
Des
dégâts collatéraux trop importants. Les réseaux sociaux eux
même ne sont pas épargnés par les analystes d'ABI Research. Les
piratages et autres attaques logicielles dont ils seraient les cibles
privilégiées décourageraient de plus en plus leurs utilisateurs.
Leur influence ne devrait donc pas s'accroître en 2010.
Andrée
Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La
net économie,
PUF 2007, collection Que sais-je ?