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> La guerre des sexes, bientôt la fin ?

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Des rôles sociaux identiques pour les hommes et les femmes ? On s'en rapproche soutient la sociologue Janine Mossuz-Lavau dans son tout dernier ouvrage. Présentation.
 Dans son livre, Guerre des sexes : stop !, la sociologue Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherche au CNRS, brosse une société qui nous interpelle tous, homme ou femme. L'idée ? Nous allons vers l'indifférenciation des genres, c'est à dire des sexes sociaux. Ce n'est pas en tant qu'individus de sexe masculin ou féminin que les hommes et les femmes tendent ainsi à se ressembler, mais dans les rôles qu'ils occupent dans la société. Cela permettra d'échapper aux catégories, et de « cesser d'être défini par d'autres, qui vous affectent une posture et un destin en fonction de votre seul genre ».


La paix après la guerre. Janine Mossuz-Lavau aborde cette question de notre évolution vers l'indifférenciation du genre dès le premier chapitre de son ouvrage, en pointant les limites des « sacro-saintes identités masculine et féminine ». Statistiques à l'appui, elle montre que le discours sur l'épouse humble et fidèle attendant sagement son guerrier de mari n'est plus vraiment de mise. Attaquant de front les trois poncifs de la guerre des sexes, elle démontre ensuite qu'il ne s'agit là que d'idées reçues. La première, « la ressemblance tue le désir » ne tient pas la route car le désir sexuel ne se trouve pas forcément dans l'étrangeté. Preuve en est le faible pourcentage de mariages mixtes unissant conditions sociales ou couleurs de peau différentes. Deuxième cliché : « les femmes ont désormais tous les pouvoirs ». « Cela se saurait ! » ironise la sociologue, tout en défendant l'idée que briser le fameux plafond de verre qui bloque les femmes aux plus hauts niveaux de gouvernance, ne revient pas à reléguer les hommes dans des fonctions subalternes. Troisième stéréotype enfin : « les femmes et les hommes sont radicalement différents ». Là, elle règle quelques comptes avec les féministes « différentialistes », qui mettent en avant le rapport à la maternité comme fondement de la féminité. Elle perçoit également une certaine crainte bien pensante face à l'homosexualité. Mais dans les faits, elle voit naître un monde où chaque être humain est avant tout une personne, non déterminée par son sexe biologique. Ainsi les temps ont changé. Attention prévient-elle toutefois, « on n'est pas encore dans l'indifférence des sexes mais on est en train de chausser des bottes de sept lieues pour y parvenir ».


Des frontières encore à ouvrir. Certes des obstacles restent à franchir pour parvenir à cette paix des sexes. Parmi eux, le déni des violences (physiques et psychologiques) subies par les femmes est, selon Janine Mossuz-Lavau, cruellement d'actualité : « Tous les deux jours et demi, une femme meurt sous les coups de son compagnon. Cela arrive à un homme tous les quatorze jours »... Elle dénonce à l'opposé la mode de la victimisation : « Il faut arrêter de considérer que les femmes seraient toutes des victimes de « la » domination masculine ». S'appuyant sur ses travaux de recherche effectués dans les milieux de la prostitution, elle indique que là aussi les choses progressent, et que l'on ne peut pas s'en tenir au constat « toutes des victimes ».


Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ? 

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