Le film Avatar l'a popularisée. Est-elle pour autant accessible ? Du notebook à la TV, la 3D investit tous nos écrans. Mais combien coûte ce luxe de l'image en relief ?
Un million
de téléviseurs 3D vendus en 2009 et neuf millions prévus pour
2012 selon le cabinet d'études Display Search : la
télévision est le produit 3D (trois dimensions) le plus populaire.
Et même si elle ne représentait l'année dernière que 1 % des
ventes, cette télévision qui donne du relief aux images
installe dès à présent sa nouvelle norme sur le marché. Le
changement est aussi important que celui du passage du noir et blanc
à la couleur. Les prix ? Parmi les premiers qui seront bientôt
commercialisés (d'ici l'été 2010), les téléviseurs Samsung LED
3D coûteront 2 000 dollars pour les plus petits (40 pouces) et 3
300 dollars pour les plus grands (55 pouces). L'écran de Panasonic
(50 pouces) qui utilise la technologie Plasma, sera vendu quant à
lui environ 3 000 euros. Toutefois, Mitsubishi, Toshiba, Sharp ou
encore Hitachi préparent eux aussi leur propre TV 3D. La télévision
n'est cependant pas le seul produit électronique à vivre cette
révolution. Micro ordinateurs, stations de jeux, vidéo projecteurs,
appareils photos, imprimantes... les applications de l'image en trois
dimensions sont de plus en plus nombreuses.
Des
prix d'ores et déjà abordables. Coté
matériel informatique, c'est seulement depuis le début de l'année
2010 que la 3D commence à se démocratiser. Le fabricant de cartes
graphiques Nvidia s'y taille la part du lion avec sa technologie
d'affichage 3D Vision, utilisée par la grande majorité des
constructeurs. Cette carte graphique envoie deux images à 60 Hz sur
l'écran, tandis que les lunettes reconstituent le relief en masquant
alternativement un oeil puis l'autre de l'utilisateur (pour voir en
relief, les deux yeux ne doivent pas percevoir la même image).
Il
existe actuellement sur le marché une petite dizaine d'écrans
compatibles avec cette technologie. Parmi eux, on peut citer
ceux
d'Acer (GD235HZ et GD245HQ), de ViewSonic (FuHzion VX2265wm ) ou
encore de Samsung (SyncMaster 2233RZ). Leurs prix tournent autour des
300 euros. Coté applications, les
éditeurs de jeux vidéo ont eux aussi adopté
la technologie de Nvidia. On trouve ainsi sur le marché Avatar,
War of Warcraft,
Resident Evil,
Borderlands
ou encore Batman :
Arkham Asylum. Enfin,
une petite poignée de DVD
devraient être
commercialisée d'ici la fin de l'année en
technologie Blu-ray 3D
: Avatar
bien sûr, mais aussi L'Etrange
Noël de Scrooge,
Alice au pays des
merveilles et Toy
Story 3.
Du
micro ordinateur à l'appareil photo. Utilisant lui aussi la
technologie de Nvidia, Asus
est l'un des premiers constructeurs à commercialiser un ordinateur
portable 3D, le G51J 3D (1700
euros environ). Outre son système graphique, cette
machine est équipée très classiquement d'un processeur Intel Core
à 1,6 GHz, de 4 Go de mémoire, de deux disques durs de 500 Go et
d'un lecteur Blu-ray. Les lunettes 3D Vision sont livrées en
standard. On va bientôt trouver aussi sur le marché des vidéo
projecteurs 3D pour très grands écrans, en provenance toujours des
mêmes constructeurs, Acer
et ViewSonic en particulier.
Plus étonnant, apparaissent également
des appareils photos 3D, comme le FinePix Real 3D W1de Fujifilm qui
coûte environ 500 euros.
Un
usage inattendu. HP crée la
surprise en s'attaquant au créneau de l'imprimante 3D de bureau. En
partenariat avec Stratasys, spécialiste de
l'impression en relief, le constructeur américain s'adresse aux
professionnels du design et de l'architecture. Avec des prix beaucoup
plus abordables, entre 12 000 et 15 000 dollars, ces imprimantes
sortent de leur niche. Réservées jusqu'à présent au prototypage
industriel, en France par exemple leur nombre se compte seulement par
centaines, elles fabriquent de vrais objets (en résine) à partir de
simples fichiers de CAO (conception assistée par ordinateur). Un pas
surement est franchi, mais il faudra attendre encore quelques années
pour les voir à la portée du grand public. Toutefois le principal
problème d'usage que devront résoudre les acteurs du numérique
n'est pas là : la 3D ne sera réellement mature qu'une fois
autonome, c'est à dire sans lunettes, actives ou passives.
Andrée
Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La
net économie,
PUF 2007, collection Que sais-je ?
Suivez
les dernières nouveautés
.