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> L'info perso dans l'entreprise

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Peut-on conserver des données personnelles sur un ordinateur de l'entreprise ? Peut-on crypter des fichiers sans autorisation ? Zoom sur informatique et espace privé au travail.
 En France, le salarié a droit à un espace privé sur son poste de travail informatique. Ce qui veut dire que l'employeur ne peut pas accéder aux fichiers personnels de ses salariés sans leur autorisation. Mais de l'internet mobile aux messageries instantanées, les choses sont elles en train de changer ? De fait, un récent litige remet la question à l'ordre du jour aux Etats Unis. Cette affaire oppose un comandant de police à l'un de ses subordonnés dont il a lu les SMS personnels. Atteinte à la vie privée ou simple contrôle hiérarchique ? Quoi qu'il en soit, les débats autour de ce litige sont présentés comme signe de la nécessité d'adapter la juridiction à l'évolution des technologies. Ainsi pour le cabinet d'avocat américain LeClairRyan, il est urgent d'explorer sérieusement le territoire de la cyber-responsabilité. En France, depuis le début des années 2000, deux grands principes encadrent ce domaine.


Le droit à un espace numérique privé. La distinction entre vie privée et vie professionnelle sur le lieu de travail est légalement reconnue en France par le législateur. Le salarié a donc la possibilité de se préserver un espace privé sur son poste de travail. Tout dossier estampillé "personnel" ou "privé" ne pourra pas être lu par quelconque collègue ou supérieur hiérarchique en son absence. A l'opposé, l'employeur doit pouvoir accéder à tout instant aux fichiers "professionnels" enregistrés sur les ordinateurs de l'entreprise. Ce qui veut dire que les fichiers informatiques d'un salarié sont considérés comme "professionnels" par défaut, les fichiers privés devant être marqués du sceau "personnel" ou "privé".


Interdiction de crypter des dossiers sans autorisation. Lié à cette notion de fichier professionnel, le droit de contrôle de l'employeur s'applique à l'ensemble du système d'information, dont il est pénalement responsable (piratage de logiciels, détention de fichiers illégaux, informations discriminatoires,...). Dans un arrêt du 18 octobre 2006, la Cour de cassation stipulait en effet qu'un salarié n'a pas le droit de crypter des fichiers sans l'accord de son employeur. Ce principe faisait suite au licenciement pour faute grave d'un salarié qui avait bloqué l'accès à ses fichiers commerciaux (en les cryptant). La haute cour confirmait ainsi le jugement de la Cour d'appel de Rennes selon lequel le salarié qui "procédait volontairement au cryptage de son poste informatique sans autorisation", commettait une faute grave.


Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ? 



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