DIF, où en êtes vous ?

Les salariés n'ayant pas pris leurs 20 heures annuelles de Droit individuel à la formation (DIF) depuis 2004 peuvent prétendre jusqu'à 120 heures cette année. Explications...
Le
Droit individuel à la formation (DIF) a été instauré en 2004. Il
donne la possibilité à tout salarié ayant au moins un an
d'ancienneté dans son entreprise de disposer chaque année de vingt
heures de formation. Le tout cumulable pendant six ans. Le couperet
tombe donc en 2010 : un salarié n'ayant pas profité de ses heures
de formation peut les utiliser entièrement cette année, soit 120
heures... Sinon, il les perd : Un
salarié à temps plein qui n'a pas utilisé ses droits pendant 6
ans et qui a donc atteint le plafond de 120 heures ne peut plus, sauf
dispositions conventionnelles plus favorables, acquérir de droits à
formation au titre du DIF,
indique le ministère du travail sur son site
internet
Comment
ça marche ? La demande de formation est effectuée par le
salarié, mais c'est l'employeur qui l'accepte ou non au regard de
son contenu. Ce dernier dispose pour cela d'un mois, une non réponse
valant pour accord. Du stage de perfectionnement au chinois pour une
assistante qui ne travaille pas avec l'étranger à la conduite de
réunion pour un salarié qui n'en tient pas, l'acceptation de telle
ou telle formation dépend beaucoup des cultures d'entreprise. Enfin,
un décret du 18 janvier 2010 faisant suite à la décision du Sénat
d'entériner le principe de portabilité, donne la possibilité à un
salarié d'utiliser ses droits acquis au titre du DIF même après la
fin de son contrat de travail : il peut donc conserver ses heures de
formation en cas de changement d'employeur ou de chômage.
Une
formation prise a priori sur le temps libre. Selon la loi, la
formation se déroule en dehors du temps de travail, sauf exceptions
spécifiées par convention ou accord collectif. Mais le salarié
perçoit une allocation égale à 50 % de sa rémunération
nette de référence (en gros, salaire net annuel divisé par nombre
d'heures rémunérées sur l'année) pour les heures de formation
effectuées hors du temps de travail. Les frais de formation ainsi
que l'allocation de formation, sont pris en charge par l'employeur.
Les
langues, la discipline la plus demandée.
Etonnamment,
les candidats au DIF n'ont pas été très nombreux depuis sa mise
en application. Ce qui inquiète d'ailleurs bon nombre de
responsables des ressources humaines qui craignent à présent un
déferlement de demandes lié à l'échéance des six ans. En effet
en 2009, selon
les enquêtes
menées par l'organisme de formation Demos,
les salariés se diviseraient à peu près en trois tiers : 35%
a déjà utilisé le DIF,
31% capitalisent leurs heures et 34% les utiliseraient s'ils savaient
quelle formation effectuer. Par ailleurs, lorsque
le DIF se déroule en dehors du temps de travail, il est pris à 24 %
en cours du soir, 20% pendant une période de congés payés et 18%
sur des jours de RTT. Enfin, les trois domaines de formation les plus
demandés sont les langues (60%), les techniques liées au métier
exercé (12%) et la bureautique (8%). Viennent ensuite à égalité
avec 6%, les domaines d'intérêt strictement personnel sans lien
avec les activités de l'entreprise, le développement personnel et
le management.
Andrée
Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La
net économie,
PUF 2007, collection Que sais-je ?