Comment échapper aux diktats du bio ?

Pesticides, OGM, paraben... la peur du chimique est grandissante. Une faille que les businessmen n'ont pas fini d'exploiter. Mieux vaut alors être vigilant que paranoïaque.
La psychologue et philosophe Anne
Dufourmantelle expliquait dans un article paru dans le magazine
Elle que
« l'idéologie du pur est en train de gagner la société, ce fantasme
selon lequel il serait possible de vivre dans un état de nature idyllique dénué
de toute pollution. On se trouve face à un rêve de régression à l'état fœtal :
la Terre devrait être comme un gigantesque ventre où l'on vivrait protégé de
toute contamination, de tout risque. Cela nous infantilise et on se met de plus
en plus en demande d'être protégés et assistés. » C'est donc là que le
marché de la peur va s'immiscer dans la faille, pour nous vendre les produits
miracles qui nous permettront de survivre à ce monde chimique et dangereux.
La peur, un marché très juteux. La bio-attitude atteint parfois ses limites. Luc Delporte,
commercial
dans une PME spécialisée dans les matières plastiques, s'insurge ainsi dans un article publié sur Naturavox : « D'accord à la médecine
"traditionnelle", dit-il (...), mais quand c'est organisé de
manière à sous-tirer de l'argent en vendant de la pseudo-soupe scientifique,
là, je coince. Quelques exemples (...) : le miel de Manuka. Utilisé
par les maori. Bio, de Nouvelle-Zélande, il permet de "lutter contre le
staphylocoque doré, la bactérie de l'ulcère à l'estomac" et
"cicatrise les plaies infectées". 25,20 euros le pot de 500 g, soit
plus de cinquante euros le kilo. A titre de comparaison un miel bio origine France
coûte entre 20 et 25 euros le kilo. »
Être vigilant sans être parano. Le bio c'est comme partout. Il y a des profiteurs et des
arnaqueurs qui se servent d'un créneau porteur pour faire le maximum de profits
aux dépends des consommateurs non attentifs. Alors, attention MaNews ne vous
conseille pas de faire une croix sur l'écologie et l'agriculture biologique,
mais seulement d'être attentifs et de ne pas sombrer dans la « paranoïte aiguë ». On peut avoir une conduite saine sans pour autant ne consommer
que du bio. Selon Anne Dufourmantelle, il faut en effet apprendre à « composer
avec le désordre, la pollution, le toxique, le négatif pour pouvoir l'absorber
et selon la logique du vaccin, devenir plus fort qu'eux.» Bref, les produits chimiques c'est comme
l'alcool, à consommer avec modération !
D'autres exemples de produits qui
rapportent gros au marché de la peur sont à lire à l'adresse : http://www.naturavox.fr/conso/article/jusqu-ou-peut-on-etre-bio
Fatima Rougi, journaliste - auteure du
blog DailyRougi